Louise Oligny : « J’avais envie de questionner la notion de pays »
Autrice de Colère chronique (Livre de Poche, 2024), Louise Oligny signe avec Perdre pays (éditions Pélagie, 2025) un roman intime et politique à la fois. Où il est question d’exil, de Québec et de nostalgie.
Peux-tu te présenter ?
Je suis Louise Oligny, je suis photographe et j’écris aussi des livres, comme Réparer l’intime (Thierry Marchaisse, 2021). Et j’ai écrit aussi deux polars : Colère chronique (Livre de Poche, 2024) et ADN féminin (Hachette, 2024).
Peux-tu nous parler de ton prochain roman, Perdre pays, qui sort en librairie aux éditions Pélagie le 28 août prochain ?
Perdre pays, c’est un roman assez poétique où j’aborde la question de la nostalgie. Je travaille aussi auprès de femmes migrantes, je me suis rendue compte que ce souvenir de l’enfance, des lumières, des odeurs reste quelque chose de très présent, même si on a fait le choix d’aller vivre ailleurs pour toutes sortes de raisons.
Quelles questions abordes-tu dans ce roman ?
Actuellement, on observe dans plusieurs pays une montée des nationalismes, croisée avec une augmentation des migrations, et une facilité d’aller ailleurs. Les migrations peuvent être politiques ou économiques, au Québec par exemple des jeunes Français viennent faire leurs études. On est dans un monde où les gens se mixent de plus en plus et où étonnamment il y a un repli qui est en train de se jouer. Dans ce contexte, j’avais envie de questionner la notion de pays d’un point de vue intime : ce que c’est, d’où on vient, de nos rêves. Cela m’intéressait beaucoup de parler de toutes ces questions d’appartenance.
Qu’est-ce qui t’a inspiré dans l’écriture de ce roman ?
C’est une rencontre que j’ai faite il y a plusieurs années avec Dany Laferrière qui lui est d’origine haïtienne, vit à Montréal et se rend souvent à Paris. Cette question de la nostalgie était venue dans notre conversation. Je disais que je n’en pouvais plus de vivre loin de chez moi, c’était une souffrance. Cela l’avait étonné, il m’avait dit : « Ah bon ? Moi, je chéris cette nostalgie, c’est à partir d’elle que je crée. » J’ai eu envie d’écrire de ce texte qui est le résultat de ces réflexions.
Comment décrirais-tu ton style d’écriture dans Perdre pays ?
Je dirais que c’est un style très poétique, qui joue avec l’image, avec la langue aussi. Il est écrit en français, on y parle français, mais il y a une façon très québécoise d’enrouler les mots autour d’une idée, assez différente de la flèche droite qu’on trouve dans certaines façons plus académiques d’exploiter la langue française.
Un message pour les lecteurs ?
J’aime beaucoup la France, c’est un pays extraordinaire avec des droits sociaux, et je ne voudrais pas qu’on prenne Perdre pays pour une comparaison entre le Québec et la France. On y parle de nostalgie, de quelque chose qui a été plutôt que d’un espace géographique précis.
